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Interview de Catherine SAMII

Quelle a été votre formation équestre ?

J’ai 60 ans, je monte donc à cheval depuis un certain temps !
Mais je suis titulaire du BP JEPS depuis une dizaine d'années.
Avant ma formation de monitrice, je suis longtemps montée en club.
Cela m’a permis de bien analyser les points faibles
que l’on rencontre dans l’enseignement qui y est pratiqué :
notamment l’absence de correction sur la position à cheval des élèves.
J'ai enseigné dans la région Toulousaine et rejoins il y a 3 ans les Landes
d'où ma famille est originaire.

Avez-vous exercé auparavant d’autres activités professionnelles ?

J’ai travaillé à Paris pendant 20 ans dans l’industrie pharmaceutique
avant de passer mon monitorat.
Pour comprendre le lien, il faut avoir animé une reprise
avec des enfants et des poneys pas toujours très attentifs.
Ce n’est pas toujours très éloigné du fait
d’animer une table ronde avec des médecins ou de manager une équipe.

A partir de quel âge peut-on commencer à suivre vos cours ?

Je dirais que l’âge des enfants est proche de leur âge d’entrée au CP.
Il faut évaluer l' habileté, la tonicité physique
mais aussi le niveau de concentration de l’enfant.
Point très important, il faut aussi évaluer sa motivation.
En effet parfois l’enfant est très intéressé par le "grooming", le contact avec l’animal,
et pas tellement par le fait de monter.
Pour bien évaluer ces trois points, je fais faire à chaque enfant un test individuel.

Enseignez-vous les petits comme vous enseignez les adultes ?

Définitivement OUI !
Je considère chaque enfant comme un Edward Gal(meilleur couple cavalier/cheval de tous les temps)
et chaque poney comme un Totilas en puissance
(vous pourrez voir une harmonie extraordinaire en cliquant sur ce lien youtube).
Donc on essaie de faire à poney le bon geste dans la bonne position
et cela dès les premières séances ! Rassurez vous on rigole aussi pas mal !!!

Quels sont vos objectifs lorsque vous initiez les enfants à l'équitation?

Dans la première année d’apprentissage,
je suis très concernée par la sécurité et la position des élèves.
En effet quand les enfants sont petits ils n’arrivent pas toujours à exprimer
leur appréhension, il est donc essentiel de travailler dans un cadre très sécurisé.
C’est pour cela que je demande aux parents de rester avec moi
dans un premier temps et de tenir le poney.
Enfin je corrige tout de suite la position car avec une bonne position
les enfants se sentent tout de suite plus stables et donc plus en confiance.

Je suppose que vous faites ensuite monter les enfants sans leurs parents?

Oui naturellement! Mais je continue toujours à corriger la position (elle se corrige à vie !!!).
Attention, car il ne s'agit pas d'apprendre la bonne position et que l'enfant reste figé.
C'est en fait comme un sport de glisse,
il faut toujours par de petits réajustements modifier son équilibre.

On vous entend souvent dire qu'il faut tenir ses rênes comme si on avait
un "petit chat" dans les mains. Qu'est-ce que vous voulez dire?

Le poney est de toute façon plus fort que les enfants
et ce n'est donc pas par la force que l'enfant arrivera à le contrôler.
J’essaie de transmettre aux enfants l’amour de la « belle équitation »…
C'est-à-dire notamment d’être très discret dans l’emploi de leurs mains et de leurs jambes,
de doser les demandes qu’ils font à leur poney.
Il s’agit d’être ferme mais gentil: comme une forme de politesse, de respect.
Le poney devient alors un partenaire, le poney obéit sans contrainte. C’est un grand plaisir !

Enseigner les enfants est-ce plus difficile que les adultes?

Je dirais que pour moi cela me parait plus simple… Les enfants n’ont à priori pas de blocage.
Ils sont neufs, plus ouverts aux nouveautés et quand ils ont confiance en vous et en eux
on peut avancer assez rapidement….En plus ils sont parfois vraiment drôles !
Pour les adultes il est plus difficile de corriger une mauvaise position
mais si l'élève est motivé rien n'est impossible.

Que pensez vous de la peur qu'éprouvent parfois vos élèves?

C’est une question essentielle.
A mon sens il vaut mieux partir du principe que tous les cavaliers petits et grands
ont au minimum une appréhension et au pire une vraie peur de monter à cheval.
Pas tout le temps bien sur : cela peut être dans certaines occasions,
quand on change de monture, quand on saute, quand on va à l’extérieur

Et en pratique comment vous y prenez vous?

J'explique aux enfants que d’avoir peur est normal et cela enlève déjà une partie du poids.
Ensuite il faut que l’amour du poney, la concentration nécessaire pour effectuer l’exercice,
la confiance dans l’enseignant prennent le dessus…
Quand ils y parviennent c’est très gratifiant !
C’est pour cette raison que l’équitation est un sport magnifique
pour les enfants qui souffrent d’un manque de confiance en eux !

Mais l'équitation n'est quand même pas qu'un sport pour le cavalier?

En effet le cavalier très vite est à la fois le sportif mais il a aussi un rôle d'entraineur.
Je rappelle souvent aux enfants qu’ils doivent avoir la bonne attitude avec leur poney
car ils ont la responsabilité de son éducation comme des parents avec leurs enfants.
C'est aussi une école de lecture du comportement des animaux.
L'enfant apprend à lire dans le comportement du cheval son état émotionnel
et c'est quelque chose d'important,
comme d'ailleurs lire l'état émotionnel d'un chien, d'un chat ou d'un humain.

Comment appréciez vous la présence des parents pendant les cours ?

C’est toujours un plaisir de montrer notre travail aux parents.
Par « notre » j’entends le travail de l’enfant, du poney et le mien.

On parle de plus en plus du "bien être" animal.
La pratique de l'équitation est elle compatible avec le "bien être" du cheval?

Oui bien sûr!
Si un cheval vit à l' extérieur, en troupeau, avec de l'herbe ou du foin à volonté;
Si un cheval est monté régulièrement par un cavalier qui sait conduire une séance d'entrainement (équivalent du Pilate)
Et bien pratiquement 100% de ses besoins et donc de son bien être auront été pris en compte...
Moralité : Cavalières soucieuses du bien être de vos chevaux ! Oubliez couverture, tonte, matériel onéreux, shiatsu..et autres.
Et consacrez 95% de votre budget dans ces 3 fondamentaux : paddock / herbe / activité physique :))))
Et continuez à prendre des cours pour apprendre à travailler votre cheval le plus juste possible!

A propos de cours, continuez-vous vous même à travailler avec quelqu'un?

Toutes les semaines, je travaille avec Héléna Gayral, ancienne torera à cheval qui a travaillé avec des maitres Portugais.
Travailler avec un coach est, naturellement pour moi INDISPENSABLE!

Enfin un petit poulain est né au printemps chez vous...pouvez-vous nous dire quel sera son avenir?

Il s'appelle Ormoz et il est Pur Sang Lusitanien. Sa mère Tentation, issue de l'élevage Massa a été confirmée
à 78 points et son père, Ourem, est issu de l'élevage Arribe.
Il va être débourré et travaillé par mes soins comme Azar et Ultimo. Il pourra être un sujet d'étude pour tous les élèves intéressés par le débourrage et le travail du jeune cheval !